Il revient vivre en FRANCE, à EVIAN. Le 5 mai 1881, il apprend que son régiment va être engagé dans une action dangereuse en ALGERIE. Il demande sa réintégration et rejoint le 22 juin, non la 4e Hussard basé à Sétif mais le 4e Chasseurs d’Afrique basé à MASCARA. Il se montre pendant 8 mois un excellent officier apprécié tant de ses chefs que des soldats.
Son escadron revient à Mascara le 24 janvier 1882 ; mais la vie de garnison l’ennuie...
Le 28 janvier, séduit par l’Afrique du Nord, il présente sa démission de l’Armée -acceptée en août- et s’installe à ALGER. (Charles de Foucauld porta l’uniforme pour la dernière fois le 19 septembre 1888 après une ultime période d’officier de réserve comme chef de peloton. Il cessera toute activité militaire en juillet 1891). Pendant plus d’un an, il prépare scientifiquement et à ses frais l’exploration du MAROC qu’il parcourra pendant onze mois, déguisé en rabbin. Le 9 janvier 1885, il reçoit la médaille d’or de la Société Française de géographie pour ce travail. Au cours de ses nombreux voyages, il a découvert la foi des musulmans ; la question religieuse se réveille en lui. Sur les conseils de sa cousine Marie de Bondy, il va rencontrer l’abbé HUVELIN en l’église Saint AUGUSTIN à PARIS.
A ce moment, la vie du jeune officier bascule. Nous sommes fin octobre 1886. Le jeune converti choisit de tout donner à Dieu. Après un pèlerinage en Terre Sainte, il entre le 16 janvier 1890 au monastère de Notre-Dame des neiges, chez les Trappistes en Ardèche ; il prend le nom de Frère Marie-Albéric. « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui ; ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi ; Dieu est si grand. Il y a une telle différence entre Dieu et tout ce qui n’est pas Lui… », écrivit-il.
Le 6 mars 1897, il quitte les Trappistes dans le but de se dépouiller plus encore ; il entre chez les Clarisses de NAZARETH. Il mène une vie de domestique. En 1900, il rentre en FRANCE pour commencer à étudier en vue du sacerdoce. Il est ordonné prêtre le 9 juin 1901, à quarante trois ans, dans la chapelle du grand séminaire de VIVIERS (Ardèche).
Puis il part en ALGERIE où il vit en ermite, à BENI-ABBES, une vie rythmée par la Prière et l’Eucharistie. Il entretient des contacts avec les musulmans du pays, s’occupe des plus pauvres, secourt les esclaves nègres. Il voudrait évangéliser les Touaregs et décide pour cela d’apprendre leur langue. Le 13 août 1905 il arrive à TAMANRASSET (Sud ALGERIE) où il construit un nouvel ermitage, puis un second la FREGATE et un 3e sur les hauts plateaux du hoggar “L’ASEKREM” où il resta de début juillet au 11 décembre 1911. Il tisse des liens très fort avec ce peuple.
Le 1er décembre 1916 à 19 heures le Père de Foucauld, installé dans un nouveau fortin (le bordj) depuis le 23 juin 1916, fut attiré par ruse à l’extérieur par des touaregs appartenant à un “rezzou(1) senoussiste(2)”. Ils s’emparent de lui, le ligotent et comptant l’emporter comme otage, se livrent au pillage de l’ermitage. Malheureusement la panique s’empara d’eux à l’arrivée de deux méharistes -qui furent tués- ; le targui chargé de le garder, affolé, fit feu sur lui à bout portant(3). Frère Charles perdit la vie. Il avait 58 ans.
Depuis, sont nées des communautés de prêtres, de religieux, de laïcs qui forment la famille spirituelle de Charles de Jésus. Ces communautés manifestent à travers leur diversité, l’unité de leur origine et de leur mission.
Frère Charles écrivait beaucoup ; outre l’ouvrage “Reconnaissance au Maroc”, il a achevé -entre autres- un important dictionnaire Touareg-Français ainsi qu’une grammaire touarègue. Ses écrits spirituels sont encore plus nombreux ; des milliers de feuillets, méditations, correspondances, carnets, etc... épargnés lors du pillage, furent sauvés et publiés.
Charles de Foucauld est également le parrain de deux promotions d’élèves officiers ; la première est Saint-Cyrienne : la N° 128 (1941-1942) et la seconde, une promotion d’Élèves Officiers de Réserve : E.O.R. N° 003 (juin à septembre 1970).
Le 6 avril 2001, la Congrégation Romaine pour les Causes des Saints a donné son feu vert à la béatification du Père Charles de FOUCAULD en publiant le décret de reconnaissance de l’héroïcité de ses vertus : Ce qui le rend “Vénérable”.
« Il ne manque plus aujourd’hui qu’un miracle reconnu officiellement, pour la suite du procès vers la béatification. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que la paroisse de Coëtquidan pourra avoir officiellement le titre de Charles de FOUCAULD. Cela n’empêche pas pour le moment, chaque chrétien de prier pour l’avancement de cette cause et de suivre l’exemple de détachement et d’amour du Christ que nous laisse le frère Charles », précisait Monseigneur LE GAL en ce début d’année 2003. Ces voeux furent exaucés.